Là où la légende prend vie
Obanos est étroitement liée à son passé médiéval et au chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son souvenir est associé à la curieuse légende du Mystère qui porte son nom et qui est scénarisée tous les deux ans par les habitants sur la place médiévale de la commune.
La légende raconte la tragédie de San Guillén et Santa Felicia, les deux enfants du duc d’Aquitaine, faisant le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Effrayée par l’annonce de son mariage, Felicia s’enfuit et se réfugia dans une maison d’Arnotegui où elle travailla comme servante. Son frère Guillén partit à sa recherche, mais lorsqu’il tenta de l’emmener avec lui, elle refusa de partir, affirmant qu’elle avait déjà un maître. Son frère lui demanda où il se trouvait et elle désigna sa poitrine. Dans laquelle son frère enfonça furieusement son poignard. Guillén vécut ensuite en pénitent jusqu’à sa mort, pour expier sa faute sur le mont Arnotegui.
Aujourd’hui, une stèle située au bord du chemin qui monte à l’ermitage de Santa María de Arnotegui rappelle ces faits et la présence de ses restes dans l’ermitage. On s’y rend en pèlerinage le dimanche suivant le dimanche de Pâques et l’avant-dernier dimanche de septembre. La sacristie de l’église San Juan Bautista abrite la relique du crâne de Saint Guillaume, protégée dans un étui en argent. Tous les ans, la tradition veut que le jeudi de Pâques on distribue au village du vin mélangé à de l’eau, préalablement passé par la relique vénérée.
Cette église a été construite en 1912 dans un style néogothique pour en remplacer une autre qui se trouvait dans l’ancienne coopérative. Certains éléments de cette dernière ont été réutilisés, notamment des matériaux du portail, les arcs du porche, la tour et, sous celle-ci, la voûte de l’ancienne nef principale du XIIIe siècle. À l’intérieur, on trouve deux grandes sculptures de style roman, celle de Saint-Jean-Baptiste, du XVIe siècle, et celle de la Vierge à l’Enfant debout avec Saint-Jean-Baptiste enfant à ses pieds.
Les habitants d’Obanos sont fiers de leur passé à travers le nom de La Junta de Infanzones (Conseil des gentilshommes), qui a été constitué sous le règne de Sancho VII, dit le Fort, pour se défendre contre les abus de l’aristocratie et le pillage des malfaiteurs. Les tensions s’aggravèrent au cours des deux premières décennies du XIVe siècle, à tel point que certains dirigeants furent condamnés à des amendes, emprisonnés et même exécutés. Les rois Jeanne et Philippe d’Évreux acceptèrent de jurer les fueros et d’admettre la légalité traditionnelle, exigeant en contrepartie la dissolution de tous les conseils et unions. C’est ainsi qu’en 1329, les archives et le sceau du Conseil d’Obanos furent remis à l’autorité royale.
En se promenant dans Obanos, on peut admirer de belles maisons, comme l’ancien hôpital, aujourd’hui musée du Mystère d’Obanos.
Les fêtes patronales d’Obanos ont lieu le 27 août.
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